Selon une enquête épidémiologique effectuée à l’initiative de la Direction de la Protection Judiciaire de la Jeunesse par l’INSERM en octobre 1998 , les problématiques alimentaires des jeunes de la PJJ sont multiples et concernent des comportements nutritionnels déséquilibrés (monotonie des repas, absence de petit déjeuner, excès alimentaires et conduites restrictives). Elles ont notamment à voir avec les difficultés liées à l’insertion et à l’autonomie (problème de gestion du budget alimentaire, manque de savoir-faire culinaire, etc.), voire à l’insécurité alimentaire pour certains.
Parce que les repas sont destructurés, peu variés et que certains jeunes n’utilisent pas les 50 €/semaine qui leur sont attribués pour l’achat de denrées alimentaires, les éducateurs référents santé participant à la commission santé PJJ du Loiret ont souhaité développer une action en direction des jeunes.
Public :
Ils sont principalement accueillis en service d’hébergement individualisé (SHI), âgés de 16 à 20 ans et vivent seul. Dans quelques mois ils seront majeurs, et pour la PJJ, il est important de les conduire vers l’autonomie.
5 ateliers dénommés ateliers “fais toi plaisir” ont donc été construits à partir de nos intentions éducatives, des constats du quotidien, d’expériences similaires et d’outils pédagogiques existants (Pour manger, Fred s’organise. Suivez le guide. CODESS 95, janvier 2005)

Les objectifs de ce programme d’éducation pour la santé :
Apprendre à équilibrer son alimentation.
Apprendre aux jeunes à s’alimenter avec un petit budget (les achats, …)
Sensibiliser les jeunes aux recommandations visant à lutter contre les maladies cardio-vasculaires, diabète, l’obésité.
Contribuer au renforcement des aptitudes à s’alimenter, à se faire plaisir, à réinvestir leurs acquis et les savoir-faire dans leur vie quotidienne.
Déroulement :
Ces ateliers se sont déroulés de février à mai 2007, tous les 15 jours environ et de 18h à 21h, les jeunes se sont impliqués et ont fait l’apprentissage des règles d’hygiène lors de la préparation des repas, de la gestion du budget, de l’organisation de ses achats. Ils ont appris à accommoder des restes et à organiser une soirée entre amis en évitant les snacks (chips, cacahuètes,…). Ils ont expérimenté la possibilité de faire des cocktails sans alcool avec la sensation gustative d’avoir l’amertume de l’alcool.
Chaque séance s’est construite de la même manière :
Un accueil permettant la prise d’un encas non sucré pour tenir jusqu’à l’heure du repas.
Un temps de découverte et d’appropriation des différentes étapes de la recette du jour. La diététicienne du réseau diabète orléans Loiret (DIABOLO), a pendant cette phase de préparation, un rôle informel et échange avec chacun des jeunes autour de leurs habitudes, leurs préférences et valorise leurs capacités de faire et de choisir.
Le temps du repas, du partage.
Le temps du rangement et du nettoyage.
Un temps de discussion en groupe pour approfondir des notions, parler du plaisir ressenti à préparer, à déguster,…
Partenaires opérationnels :
Protection Judiciaire de la Jeunesse du Loiret - Association DIABOLO (prêt de leurs locaux d’éducation thérapeutique) et Francine DUROX (diététicienne)
Partenaires financiers :
Protection Judiciaire de la Jeunesse du Loiret - L’ Assurance Maladie -DRASS
Evaluation et perspectives :
Chaque jeune est reparti avec les fiches recettes reprenant les recommandations dans la préparation, l’organisation de ses achats,…
Les jeunes se sont investis dans la durée puisqu’ils n’ont manqué pratiquement aucune séance en 4 mois.
Certains ont partagé leurs savoir-faire auprès de leurs camarades sur leur lieu d’hébergement PJJ.
Les séances ont été élargies à l’inscription aux autres types d’hébergement, accueillant une autre tranche d’âge. On a dû revoir les objectifs en cours de route en lien avec la diététicienne et recentrer davantage sur l’équilibre alimentaire plus que sur l’autonomie imminente du jeune.
La dernière séance permet d’inviter un proche du jeune (famille, amis) et de partager le buffet dinatoire. Un bon moyen de faire reconnaitre une compétence au jeune en matière d’alimentation équilibrée.
| CODES et PJJ : partenaires en éducation pour la santé |
En 2001, les directions de la Protection Judiciaire de la Jeunesse ont été invitées à prendre contact avec les comités d’éducation pour la santé afin de favoriser le développement d’actions en éducation pour la santé. Dans le Loiret, nous avons très rapidement saisi l’opportunité d’apprendre à travailler ensemble. L’équipe du CODES du Loiret chemine depuis 2002, aux côtés de l’infirmière départementale depuis la mise en place de la commission santé, composée de la plupart des corps de métier de l’institution PJJ : psychologues, éducateurs, administratifs, assistantes sociales.
Ensemble, nous nous formons en continu, parfois à l’aide de partenaires extérieurs (notamment ceux issus du champ des addictions, de la santé mentale, de l’éducation pour la santé) afin de faire accepter l’approche d’une santé positive basée sur des principes et valeurs différents de la santé biomédicale.
Ensemble nous tentons de transformer les représentations des éducateurs afin qu’ils perçoivent et appréhendent l’idée que de s’intéresser à la santé des jeunes n’était peut être pas si besogneux et que cela ne représentait peut être pas un investissement supplémentaire par rapport aux missions éducatives que la Protection Judiciaire de la Jeunesse leur a confié.
Mission accomplie ?
En tout état de cause, c’est par la réassurance des professionnels et leur implication dans le déroulement des actions auprès des jeunes que nous pensons faire évoluer les pratiques. Ces activités sont soutenues financièrement par l’Assurance Maladie (FNPEIS) et l’Etat (crédits de santé publique/ PRAPS - crédits PJJ) afin de sensibiliser les jeunes à la prévention, à l’accès aux soins.










