Des élèves de CP et CE1 d’Orléans La Source et de Pithiviers s’éveillent aux produits de saison
Il est aujourd’hui communément admis que l’alimentation de l’enfance aura une influence sur celle à l’âge adulte. Ainsi, un enfant qui aura eu une alimentation diversifiée, riche en fruits et légumes développera des préférences gustatives pour ces aliments à long terme.
Malgré la mise en place du PNNS, il apparaît (Étude INCA 2) que la consommation de fruits et de légumes chez les enfants de 3 à 14 ans stagne et reste insuffisante : moins de 3,5 fruits ou légumes par jour.
Deux études hollandaises (« Schoolgruiten » et « Pro Children ») portant sur les déterminants de la consommation de fruits et légumes réalisées sur 600 enfants, montrent trois types de facteurs qui vont l’influencer à long terme : la connaissance des recommandations nutritionnelles ; la disponibilité en fruits et légumes et surtout leurs préférences gustatives.
En cohérence avec les priorités en terme de santé et d’alimentation de l’ARS du Centre et de la DRAAF du Centre, le CODES a mené un projet centré sur l’éveil sensoriel et la découverte des aliments dans deux écoles de quartier situées en zones prioritaires de Pithiviers et d’Orléans – La Source auprès des CP et des CE1.
L’objectif général du projet visait à améliorer l’équilibre alimentaire des enfants en les incitant à consommer davantage de fruits et légumes et de produits laitiers. Afin de répondre à notre objectif, il nous est apparu primordial de chercher à travailler avec eux sur des repas où ils ont le choix du menu tels que le petit-déjeuner et le goûter.
Dans chaque classe, 6 séances ont été menées. Chacune visant à faire réfléchir les enfants. Des techniques telles que le blason, le brainstorming ont été utilisées pour laisser les enfants s’exprimer et les faire réfléchir à leur propre consommation plutôt que de véhiculer des messages de prévention « pré-conçus ». Une visite au marché et chez l’épicier de quartier avec prise de photos a été organisée pour travailler sur le vocabulaire, la découverte de produits de saison et les différents métiers (poissonnier, primeur, …). Puis, un mobile ou des affiches avec les aliments à privilégier et ceux à limiter ont été conçus par chaque classe. Enfin, à l’issue du projet, les élèves ont organisé un goûter constitué de fromages, de pain d’épices, de pains intéressants sur le plan nutritionnel, de fruits de saison, de fruits secs.
Comme souvent, l’évaluation de l’impact d’un tel projet reste difficile même si les enfants déclarent vouloir améliorer la qualité de ces repas en consommant plus de fruits et de produits laitiers.
En effet, le changement est un processus lent qui implique la réunion de plusieurs facteurs favorables : «savoirs», «pouvoir» et «vouloir».
Un travail sur le « savoir ».
Force est de constater que la connaissance des aliments est très éloignée de ce que nous pensions, et que pour certains, le projet a été une vraie découverte tant au niveau des goûts que du vocabulaire. L’analyse des blasons laisse à penser que quelques enfants n’ont pas compris ou intégré que certains aliments sont à consommer de manière plus occasionnelle ou alors qu’ils n’envisagent pas de modifier leurs comportements.
Un travail sur le « pouvoir »
en montrant aux enfants comment il leur était possible dans l’environnement quotidien de choisir de nouveaux aliments. L’épicier où ils ont l’habitude d’aller acheter un goûter en sortant de l’école a été associé à l’action pour qu’il aide les enfants à faire un choix plus approprié.
Un travail sur le « vouloir » afin de motiver les enfants à modifier leurs comportements
Pour ce faire, nous avons insisté sur les bienfaits de l’alimentation sur la santé et nous avons fait goûter de nouveaux aliments pour susciter l’envie. Cependant, l’action à Pithiviers nous montre que nous n’avons pas réussi à motiver les enfants, ils ne voyaient pas l’utilité de modifier leur alimentation, de faire des choix, de « renoncer » aux aliments qu’ils aiment.
Si l’on voulait transmettre de l’information, l’objectif est atteint. Si l’on veut travailler sur les modifications de comportement il faut agir sur la motivation. Celle-ci ne peut être acquise que par le soutien des adultes (parents, instituteurs, animateurs-socio-culturels, …).
Cette expérience nous montre une fois encore combien il est nécessaire de mener ce type d’action pour ne pas augmenter les inégalités culturelles et sociales dès le plus jeune âge.
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Ce projet a bénéficié d’un financement de l’Agence Régionale de Santé du Centre (ARS du Centre) et la Direction Régionale de l’Agriculture de l’Alimentation et de la Forêt du Centre (DRAAF). |